Emplois et stages

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Merci à Eurojunkie !

Jacme31surflickr

Merci à Eurojunkie ! J'ai publié récemment (voyez deux étages en dessous) une note sur Newropeans, que je présentais comme un nouveau parti politique transeuropéen. Ma note laissait penser que ce mouvement, bien réel, était favorable à l'Union européenne. Eurojunkie attire mon attention sur quelques citations extraites des publications de Newropeans, dont celle-ci : «Depuis maintenant plus de cinq années, les classes politiques nationales, les eurocrates et les lobbies essayent de faire avaliser de force par les Européens leur propre réponse à ces deux questions sans avoir jamais organisé le moindre débat démocratique. En politique, cela s'appelle un "COUP D’ETAT". Un coup d'état larvé bien entendu. Il n’y a pas de militaires en arme dans les rues, pas de camp de concentration des opposants, pas de police politique ratissant les campus universitaires ou les réunions syndicales.»

Eurojunkie me met en garde : «ne vous laissez pas abuser.» Je remercie vivement cet internaute plus vigilant que moi. J'ai en effet rédigé cette note après avoir reçu sur ma boîte électronique un message d'un représentant de ce mouvement m'invitant à faire connaître son organisation en des termes que j'ai trouvé très favorables à l'Union européenne.

Je préfère ne pas retirer la note en question. Elle témoignera des mésaventures de l'empressement. Après avoir regardé de plus près les publications de ce "parti transnational", je constate également l'usage de cette rhétorique imbécile où les "eurocrates", qui sont de méchantes personnes-nées-méchantes complotent contre le bon peuple bafoué. 

Je trouve accablant le niveau de l'argumentation, que ce soit par écrit ou par oral, et le chef de ce parti, Franck Biancheri, offre lui-même quelques exemples de propos sommaires et de théories fumeuses. Mais enfin, s'il s'agit d'une organisation européenne des souverainistes, cela indique peut-être l'européanisation des derniers nationalistes...

Crédit photo : jacme31, sur Flickr

25/27... La Suède

C-reel.com sur flickr     

Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie, la Grèce, la Grande-Bretagne, Chypre, les Pays-Bas, la Belgique, l'Espagne et l'Italie, la Suède est devenue le 25e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le 7ème depuis le "non" irlandais.

La République tchèque (prochain pays président de l'UE) doit encore ratifier le traité. En Pologne, le traité a été ratifié par les deux assemblées élues, mais le président Lech Kaczynski se permet de ne pas signer le document officialisant la décision de la représentation nationale (cf. ma note antérieure). 

Je relève 25 ratifications car je prends en compte la ratification allemande.

Crédit photo : c-reel.com, sur Flick

Newropeans : un parti politique transeuropéen

Newropeans, par Marcello de Vita sur Flickr Newropeans est le premier mouvement politique européen à présenter des candidats dans 10 pays aux prochaines élections européennes en juin 2009. Il se donne comme objectif de démocratiser l'Union Européenne. Son fondateur est Franck Biancheri, qui se présente comme l'un des principaux initiateurs du programme Erasmus en 1987. Pour en savoir plus, ici.

Crédit photo : Newropeans, par Marcello de Vita sur Flickr

Un débat avec Michel Rocard sur... la Turquie !

Lundi 17 novembre, de 17h00 à 18h30, dans le cadre du CERI (Sciences Po), nous accueillons Michel Rocard, pour discuter de son livre Oui à la Turquie (Hachette, collection Tapage). Entrée libre, dans la limite des places disponibles, au 117 boulevard Saint-Germain.

Topolanek-Kaczynski, le grand concours souverainiste

Marek_dousa_sur_flickr

Le Premier ministre libéral tchèque Mirek Topolanek ne veut pas démissionner malgré la sévère défaite subie par son parti l'ODS aux élections régionales du 18 octobre 2008 puis aux élections sénatoriales du 25 octobre. Selon la Constitution tchèque, son autorité procède en effet des élections législatives de 2006. Sa position n'est donc pas irrecevable. En revanche, les progrès de l’opposition social-démocrate (CSSD), devenue majoritaire dans les régions et surtout maintenant au Sénat, rendent possible la ratification parlementaire du traité de Lisbonne avant la fin de l'année. Si les libéraux de l’ODS y sont opposés, ils sont devenus minoritaires. On ne peut pas invoquer la Constitution pour demeurer au pouvoir et l’oublier pour empêcher la ratification du traité de Lisbonne. Comme en Pologne, les souverainistes tchèques, quoique minoritaires, s’efforcent de bloquer chez eux le processus de ratification, contre leurs institutions, contre la souveraineté populaire et au risque de déstabiliser l’Europe pendant six mois, en pleine tourmente économique et financière. Mirek Topolanek et Lech Kaczynski même combat d’arrière-garde ?

Image : Topolanek, par Marek Dousa, sur Flickr

Lech Kaczynski, un rigolo au cœur de la tempête.

Krzystof_urbanowicz_sur_flickr_2Dans le contexte d’une crise économique et financière d’une rare intensité, le président polonais Lech Kaczynski se comporte comme un irresponsable. Non seulement il continue de bloquer la décision polonaise de ratifier le traité de Lisbonne, pourtant approuvé par la Diète et le Sénat, mais il s’échine à bloquer la politique européenne de son pays, voire le fonctionnement du prochain sommet de l’Union, en outrepassant ses pouvoirs constitutionnels. Lech Kaczynski s’oppose au Traité de Lisbonne, seul, bafouant la Constitution de son pays, ignorant la souveraineté populaire –son camp a été battu aux élections législatives-, contraignant l’Union européenne à résoudre des problèmes absurdes au cœur d’une tempête historique. La constitution polonaise prévoit-elle une procédure de destitution ?

Voyez l’AFP.

Crédit photo : Krzystof Urbanowicz, sur Flickr

Les Européens sous le feu des bonimenteurs souverainistes

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Au coeur de la crise économique et financière, voyez  comment les commentaires publics prennent très vite une orientation familière : feu sur l'Europe ! On fustige l'Europe, on dénonce sa faiblesse ou son impuissance. On n'hésite pas à comparer avec, d'un côté, les "Etats-Unis", capables de mobiliser plus  de 700 milliards de dollars pour racheter des "actifs toxiques" et, d'un autre côté, "l'Europe", inapte à voler au secours des banques européennes, dont chaque gouvernement national assure en même temps l'exceptionnelle solidité. Mais pourtant, d'où procède la limitation des missions de l'Union sinon des illusions souverainistes de droite et de gauche ? D'où procède la faiblesse des moyens de l'Union sinon de la limitation radicale par les Etats-nations de ses capacités budgétaires ? Il faut faire avec seulement 100 milliards€ par an pour 500 millions d'habitants, soit 1% du PIB européen... C'est un peu comme si l'on demandait à notre Gouvernement d'administrer le pays, d'investir, d'assurer les banques nationales et de relancer l'activité économique du pays avec un budget annuel de 18 milliards €...

Crédit photo : F. Larre, sur Flickr

1901 : quand l'Europe craignait déjà la concurrence chinoise...

Dereck_von_sur_flickr En 1901, l'économiste Edmond Théry publiait un ouvrage documenté au titre devenu fameux : Le Péril Jaune. Il y exposait en plus de 300 pages les raisons pour lesquelles l'Europe devait redouter la concurrence montante de la Chine et aussi du Japon, auquel il consacrait deux chapitres. En voici un extrait : "Le Péril jaune qui menace l'Europe peut donc se définir de la manière suivante : 'rupture violente de l'équilibre économique international sur lequel le régime social des grandes nations européennes est actuellement établi, rupture provoquée par la brusque concurrence, anormale et illimitée d'un immense pays nouveau'. Ce péril n'est pas un péril militaire, dans le genre de celui que les hordes de Gengis-Khan et de Timoir-Leng ont fait courir à nos ancêtres : il est plus grave en ce sens que l'Europe ne pourra l'éviter".
Le Péril jaune, Paris, Félix Juven, pp. 309-310.

(Crédit photo : dereck von, sur Flickr).

Rocard et la Turquie

Grâce à Diego Melchior, j'apprends que Michel Rocard vient de publier un livre intitulé Oui à la Turquie. Bonne nouvelle, il est plus digne, plus intéressant et plus utile en pro-turc qu'en flingueur de ses petit(e)s camarades. Un blog a été ouvert, également animé par Ariane Bonzon et Joël Roman. J'espère que la prise de position de notre ancien Premier ministre fera l'objet d'un débat serein... sur cette question, ce serait nouveauRocard_et_la_turquie. Ici même, on y reviendra nécessairement.

Abdullah Gül en Arménie

Place_centrale_derevan_par_odradek_ J'ai plaisir à signaler que le président de la République de Turquie, M. Abdullah Gül, par ailleurs fondateur de l'AKP, sera présent en Arménie pour assister à un match de foot opposant l'équipe de son pays à l'équipe nationale arménienne. Abdullah Gül deviendra ainsi le premier président turc à se rendre en Arménie depuis l'indépendance de ce pays, en 1991.
J'espère que l'on notera cela et que les médias en parleront un peu, en Europe et notamment en France. J'espère aussi que l'on rappellera le rôle joué ces derniers temps par la Turquie en faveur du processus de paix au Proche et au Moyen-Orient.
Le 13 novembre 2007, trop peu de médias ont salué l'initiative turque, et tout particulièrement celle du président Gül, qui a permis à l'Assemblée législative de Turquie de recevoir ensemble le président israélien, M. Shimon Pérès, et le président de l'Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas. Pour la première fois, un président israélien se voyait offrir la possibilité de s'exprimer devant le Parlement d'un pays musulman. Je ne voulais pas manquer de me réjouir, étant favorable à l'adhésion de la Turquie. Sur certains sites, on me le reproche amèrement.

Crédit photo : place centrale d'Erevan, par Odradek, sur Flickr.

Mes publications

"Une crise n'a pas eu lieu. L'échec de l'opposition à la loi sur l'autonomie des universités", in Sofres-L'état de l'Opinion en 2008, Paris, Le Seuil, pp. 97-110 ; "L'opinion publique organique. Auguste Comte et la vraie théorie de l'opinion publique", Archives de  philosophie, Printemps 2007, tome 70, pp. 95-114 ; L'extrême gauche, moribonde ou renaissante ? (coll.), Paris, Presses universitaires de France, 2007 ; Chirac, le premier président d'un monde nouveau, Paris, Plon, 2007 ; Le Vertige social-nationaliste. La gauche du Non et le référendum de 2005, Paris, La Table Ronde, 2005 ; « L’Idée d’une ‘opinion européenne’ », in Raisons politiques. Etudes de pensée politique, n°19, août 2005, pp. 99-117 ; Les Élections européennes de juin 2004 (avec C. Deloy), Paris, Presses universitaires de France, 2005 ; La Fracture occidentale. Naissance d’une opinion européenne, Paris, La Table Ronde, 2004 ; Le Dictionnaire du vote ((direction avec P. Perrineau), Paris, Presses universitaires de France, 2001 ; Le Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle, Paris, Odile Jacob, 1998 ; Le Vote incertain. Les élections régionales de mars 1998 ((direction avec P. Perrineau), Paris, Presses de Sciences Po, 1998 ; Politiques de l'intérêt (direction avec C. Lazzeri), Presses Universitaires de Franche-Comté, Besançon, 1998 ; Libraires corps et âmes, Editions Vinci, Paris, 1994 ; Le Pouvoir de la raison d’État (direction avec C. Lazzeri), Presses universitaires de France, 1992 ; La Raison d’État. Politique et rationalité (direction avec C. Lazzeri), Paris, Presses universitaires de France, 1992 ; "Gabriel Tarde, théoricien de l'opinion", préface à la réédition de Gabriel Tarde, L'Opinion et la foule, Paris, Presses universitaires de France, 1989.

Depuis 2000, avec le soutien de la Fondation Robert Schuman, je publie un état annuel de l’opinion européenne (9 volumes à ce jour, dernière parution L’Opinion européenne en 2008, Paris, Éditions Lignes de Repères/Fondation Robert Schuman, 2007). 

Girouette Academy

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Imprécateur sévère promettant l’avènement d’une autre manière de faire de la politique, Arnaud Montebourg est devenu le champion de

la VIe

république, fustigeant pas mal de monde et dénonçant beaucoup, notamment le cumul des mandats avant de s’y adonner lui-même. Fédéraliste européen, il rejoint Emmanuelli, Fabius et Mélenchon pour faire campagne contre le Traité constitutionnel que son parti avait démocratiquement décidé de soutenir. Il rejoint ensuite Ségolène Royal avant de rallier Pierre Moscovici, qu’il reçoit en invité vedette à Frangy, le 24 août, avant de retrouver Fabius pour rejoindre Martine Aubry, le 31 août, avant de retrouver Pierre Moscovici, le 1er septembre (à suivre).

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Crédit photo : Zygonyx, sur Flickr, pour la girouette et Parti socialiste, sur Flickr, pour Arnaud Montebourg.

Socialistes, sautez deux générations !

Dans une tribune publiée sur LePost, deux jeunes militants socialistes, Barnabé Louche et Diego Melchior, pressent le PS de tisser de nouveaux liens avec la jeunesse, c'est-à-dire d'opérer une révolution culturelle. Je cite ici deux extraits :

  • "Le PS n’a pas correctement misé sur la jeunesse ces dernières années. Il a préféré laisser la réflexion sur la jeunesse au seul MJS, à la marge donc… Celui-ci plutôt que de repenser la place de la jeunesse à gauche s’est au contraire enfermé dans les jeux de pouvoir. Puisant ses références chez Guesde plutôt que chez Jaurès, le MJS n’attire pas les jeunes citoyens. Son incapacité à tenir un discours réformiste comme ses pratiques passéistes contribuent à la perte de confiance des jeunes envers le PS."

  • "Il est temps que se lève chez les socialistes une autre jeunesse, une jeunesse qui ne soit ni la jeunesse bling bling de droite, ni la jeunesse archaïque du MJS. Une jeunesse de gauche ouverte sur l’extérieur qui refuse aussi bien le discours de compromis avec le néolibéralisme que le discours dirigiste où les ensembles collectifs priment toujours sur l’Individu."

On peut lire l'ensemble de la tribune ici.

Souvent Fabius varie, bien fol est qui s'y fie...

Cela_commence_par_une_balade Aux "Universités d'été" du PS, Laurent Fabius distille des commentaires indignés sur la participation des socialistes à la "pipolisation" de la vie politique, en condamnant la compromission de certains camarades (il faut comprendre Hollande et Royal). Souvent Fabius varie. Aujourd'hui, Fabius ne bataille plus contre l'Europe aux côtés de la gauche du Non, il s'est rangé derrière Martine Aubry. Aujourd'hui, Fabius ne s'ingénie plus à mettre en scène son goût pour les carottes râpées ou pour la "Star Academy". Aujourd'hui, il juge utile de parler substance, c'est-à-dire alliance. D'ailleurs, l'essentiel se passe dans des restaurants. Et la Star Academy ?

Le dilemme de Mélenchon et de quelques autres...

Shaugran_chez_flickr Mélenchon est inquiet. Le rapprochement en cours entre les socialistes pro-européens et certains militants du "non" au TCE, dont Laurent Fabius et Arnaud Montebourg, réunis autour de Martine Aubry, le laisse bien seul. Il va encore pester, fulminer, dénoncer, monter sur un tonneau, dire son fait, etc.. Il pourrait aussi bien quitter le Parti socialiste et rejoindre la gauche pure, dont il est l'un des notables les mieux installés. Mais voilà, sans le PS, Monsieur Mélenchon ne serait pas sénateur, et ça... Ceux qui arrivent à suivre la pensée politique - que dis-je ? la philosophie morale-, de Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius ou Arnaud Montebourg doivent gagner, j'imagine, un séjour d'une semaine rue de Solférino.

(crédit photo : Shaugran, chez Flickr)

Le fédéralisme européen comme réponse à la globalisation économique

Globalisation_2 Patrick Artus et Marie-Paule Virard viennent de publier Globalisation, le pire est à venir, aux éditions de La Découverte. La dernière partie, consacrée à l’Union européenne mérite d’être signalée. Les auteurs défendent notamment l’idée, que je partage, selon laquelle les Européens pourraient devenir les grandes victimes de la globalisation économique si l’Union ne progresse pas en matière de fédéralisme fiscal et social.

Face aux Russes, nous serions plus convaincants si nous avions été plus cohérents

Evoquant l'inacceptable opération militaire russe en Géorgie, Le Monde rapporte cette remarque de David Miliband, le secrétaire au Foreign Office, exprimée sur les ondes de la BBC : "la vue de chars russes pénétrant dans un pays souverain et voisin aura fait froid dans le dos de beaucoup de gens (...) Ce n'est tout simplement pas la façon dont les relations internationales doivent être conduites au XXIe siècle."

Certes, mais ce type d'argument a perdu beaucoup de sa force depuis l'invasion de l'Irak (avec le soutien de la Géorgie, 3ème contingent militaire sur place par son importance numérique - 2000 soldats, aujourd'hui rapatriés d'urgence pour défendre leur pays).

Miliband demande aussi des "preuves" aux Russes concernant les crimes de guerre dont les Géorgiens sont accusés en Ossétie du Sud. La preuve des liens entre Saddam Hussein et Al Qaida fut l'un des enjeux de la crise irakienne. Nous sommes tous restés sur notre faim. Je soupçonne aujourd'hui l'existence d'une propagande russe comme je soupçonnais hier l'existence d'une propagande américaine. On disait aussi que l'Irak de Saddam Hussein était un régime tyrannique, ce qui était exact, mais depuis que les plus hautes autorités du monde occidental ont assisté à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, ce sont près de 4 milliards d'humains qui on vu sur des écrans la glorification universelle d'une puissance non-démocratique.

Nous serions plus convaincants face aux Russes si nous étions plus cohérents.

George W. Bush parle-t-il au nom des Européens ?

Selon l'Agence France Presse le président américain George W. Bush aurait déclaré, ce mardi 12 août, commentant les opérations militaires lancées par la Russie sur le territoire géorgien : "Ces actions menacent les relations avec les Etats-Unis et l'Europe". Je note avec surprise que le président des Etats-Unis semble donc pouvoir s'exprimer au nom des Européens. Est-ce bien raisonnable ? Voyez l'AFP.

Les (canards) laqués du souverainisme

Dj_bass Quelle leçon... Jean-Marie Le Pen et son parti, le FRONT NATIONAL, excusez du peu, viennent de vendre leur principal immeuble à des investisseurs chinois qui se réclament encore du marxisme-léninisme et vont y installer une université (de Shangaï). Bravo et merci, c'est la première leçon que nous devons à cette future institution, et elle est gratuite : les souverainistes sont bien des héros de pacotille. Bruno Mégret a déjà, il y a quelques semaines, quitté la vie politique pour prendre sa part à l'économie globale, loin de sa chère patrie pour laquelle vibre son coeur farouche, plongeant - à contre-coeur ? - en plein capitalisme transnational. Ah... les héros du "non" à l'Europe... Quelle pantalonnade... Au moins, ils en auront bien vécu. Qu'en dit Mélenchon, le "pro-chinois" du "non" ?

24/27... l'Italie...

Italia Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie, la Grèce, la Grande-Bretagne, Chypre, les Pays-Bas, la Belgique et l'Espagne, l'Italie est devenue le 24e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le sixième depuis le "non" irlandais.

Outre l'Irlande, la République tchèque (prochain pays président de l'UE) et la Suède doivent encore ratifier le traité. En Pologne, le traité a été ratifié par les deux assemblées élues, mais le président Lech Kaczynski se permet de ne pas signer le document permettant d'officialiser la décision de la représentation nationale (cf. ma note antérieure). 

Je relève 24 ratifications car je prends en compte la ratification allemande.

Un cycle de formation sur les centres de pouvoir en Europe

Construction Le Groupe des Belles Feuilles lance un cycle annuel de formation et de réflexion sur les centres de pouvoir en Europe. Pour connaître le contenu de cette formation et les modalités d’inscription, je vous invite à lire ce document en PDF : Téléchargement GBF.pdf

Combien de temps les Polonais vont-ils tolérer le jeu de leur président?

Boeuf Le petit jeu du président polonais Lech Kaczynski offre une parfaite illustration du rôle que jouent les élites européennes souverainistes contre l’union, non seulement au détriment des procédures de la démocratie représentative mais aussi contre les préférences collectives, très favorables à l’Union dans ce pays : selon une enquête d’opinion qui vient d’être rendue publique par l'agence de presse polonaise PAP : 52% des Polonais considèrent que le président Lech Kaczynski doit signer le traité de Lisbonne. 14% des polonais interrogés sont d’un avis contraire, tandis que 34% des personnes interrogées n'expriment pas d’opinion à ce sujet. Notons que le soutien à la ratification du  traité enregistre une baisse de 3 points par rapport à une enquête similaire réalisée au mois d'avril, tandis que le pourcentage de ceux qui se disent réticents augmente de 6 points. Il reste que 60% des polonais interrogés sont favorables au renforcement de l'intégration européenne malgré les problèmes liés au traité, 13% y sont plutôt défavorables, avec 27% d'indécis.

Politiquement isolé, électoralement défait, le président Lech Kaczynski continue de bloquer la décision polonaise de ratifier le traité de Lisbonne, pourtant approuvé par la Diète et le Sénat. J’espère que les partisans du «non» ne vont pas attendre plus longtemps pour dénoncer son comportement, au nom de leur attachement à la démocratie dont ils ne cessent de se proclamer les champions.

23/27... l'Espagne

Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie, la Grèce, la Grande-Bretagne, Chypre, les Pays-Bas et la Belgique, l'Espagne est devenue le 23e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le cinquième depuis le "non" irlandais. Comme le Luxembourg, l'Espagne avait ratifié la Constitution européenne par référendum, en 2005.

22/27, la Belgique

Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie, la Grèce, la Grande-Bretagne, Chypre et les Pays-Bas, la Belgique est devenue le 22e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le quatrième depuis le "non" irlandais.

21/27... Les Pays-Bas !

Rz_14 Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie, la Grèce, la Grande-Bretagne et Chypre, les Pays-Bas sont devenus le 21e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le troisième depuis le "non" irlandais. On ajoutera que, désormais, les deux Etats qui avaient refusé le Traité établissant une Constitution pour l'Europe (TCE), ont ratifié le Traité de Lisbonne.

20/27... Chypre

Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie, la Grèce et la Grande-Bretagne, Chypre est devenue le 20e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le deuxième depuis le "non" irlandais.

Les raisons de poursuivre la ratification du traité de Lisbonne

J'ai proposé au journal Le Figaro un article en faveur de la poursuite du processus de ratification du traité de Lisbonne. Voici mes arguments.

19 juin, avec le Mouvement Européen

Pe_2 Ce soir, à 20h00, j'aurai le plaisir de discuter avec les membres du Mouvement Européen, à l'invitation de Valéry-Xavier Lentz, président de la section Paris-Sud. Ensemble, nous évoquerons la situation européenne, après le référendum négatif irlandais et la 19ème ratification, un an avant le renouvellement du Parlement européen (juin 2009). Voici l'adresse.

19/27... La Grande-Bretagne !

Après la Hongrie, la Slovénie, Malte, la Roumanie, la France, la Bulgarie, la Pologne, l'Autriche, la Slovaquie, le Portugal, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie et la Grèce, la Grande-Bretagne est devenue le 19e Etat membre de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne et le premier depuis le référendum négatif irlandais.

Europe, quel divorce ?

Comme d’habitude fait retour la thèse d’un divorce entre les «élites» et les «peuples» européens. Son succès est assuré par les mythes qu’elle fait revivre : mythe de la nation pour les souverainistes de droite, mythe de la révolution pour ceux de gauche. Le succès de la thèse doit également à son simplisme et au confort qu’elle procure à quiconque la reprend à son compte, puisqu’elle permet de réaliser deux opérations avantageuses : tout expliquer et se ranger aux côtés du peuple en colère. C’est encore plus beau quand les tenants de la thèse n’ont rien de populaire, ce qui n’est pas rare, évidemment.
    La thèse peut faire l'objet d'un usage authentiquement populiste lorsqu’elle permet à des élites sociales de se réclamer du peuple, ou de revendiquer une empathie avec celui-ci, afin de poursuivre une activité médiatique ou politique qui n’est pas moins profitable que celles qu’ils fustigent.
    Enfin, la thèse est assurée de rencontrer un large écho parce qu’elle a de nombreux et puissants soutiens: celui des souverainistes de droite, au nom du peuple national, celui des souverainistes de gauche, au nom des travailleurs, et,
last but not least… celui des gouvernements nationaux.
    En effet, ces derniers ne résistent presque jamais à la tentation de transférer sur l’Union les remontrances qui leur sont en fait destinées. Le cas irlandais est ici emblématique, car chacun sait que l’Europe a beaucoup apporté à ce pays.
    Ce n’est pas l’Union qui est critiquée par les Européens, mais les gouvernements nationaux qui, presque partout, suscitent une insatisfaction croissante. On connaît d’ailleurs la plupart des raisons de cette impopularité commune : le pouvoir d’achat, le prix de l’essence en particulier, le vieillissement démographique qui frappe notre continent et son cortège de conséquences, réforme des retraites, de l’assurance maladie, immigration, etc. Rien de très populaire donc.
    L’Europe pourrait jouer un rôle bien plus important dans tous ces domaines… si les gouvernements nationaux acceptaient de coopérer davantage. Mais les souverainistes de droite ne manqueraient pas de dénoncer la trahison de la patrie, tandis que ceux de gauche se chargeraient du procès des profiteurs, en une alliance désormais installée, qui voit de plus en plus souvent les uns et autres s’échanger leurs arguments.
    Pour ce qui me concerne, je ne vois pas la montée de l’euro-scepticisme mais plutôt l’avènement d’un «stato-scepticisme», c’est-à-dire d’un fort mécontentement des Européens vis-à-vis de leur gouvernement national. Pour l’avenir, je ne parierais pas sur la faiblesse de l’euro-scepticisme si nos dirigeants venaient à prendre les mauvaises décisions. Mais quand l’Europe sera vraiment impopulaire, les dirigeants nationaux seront haïs et les peuples se détesteront entre eux. Confrontés à la globalisation, les Européens ne voient pas en rêve leur Etat voguant en solitaire, pour aller discuter avec la Chine, la Russie ou les Etats-Unis les tarifs commerciaux. Ils ne rêvent pas d’acheter leur pétrole avec une monnaie nationale enfin restaurée. Jusqu’à présent, cela peut changer, les centaines de millions d’électeurs européens n’ont nulle part voulu confier leur pouvoir national à une force politique ayant comme programme de remettre en cause l’appartenance à l’Union. On peut le voir en consultant les presque 90 élections nationales qui ont eu lieu dans les 27 pays de l’Union européenne depuis 1996. Ne laissons pas croire que les Européens pensent de l’Union ce que les Irlandais pensent de leur gouvernement.